OM : Roberto De Zerbi lance déjà les hostilités face au PSG
Sous pression depuis plusieurs jours, l’Olympique de Marseille a retrouvé de l’air face à Rennes en Coupe de France. Une victoire qui permet à Roberto De Zerbi de lancer, dès maintenant, les hostilités avant le Clasico face au PSG, véritable juge de paix d’un OM encore sous tension.
À l’Olympique de Marseille, la réception de Rennes n’était pas une simple affiche de Coupe de France, mais presque un match de survie. Depuis plusieurs jours, le club traverse une zone de fortes turbulences, sportives comme institutionnelles. L’élimination douloureuse en Ligue des champions, le nul concédé face au Paris FC après avoir mené 2-0 jusqu’à la 82e minute, les tensions internes et les rumeurs autour d’un vestiaire fragilisé ont plongé l’OM dans un climat lourd. Devenu mardi soir l’entraîneur le plus capé sous la présidence Longoria avec un 68e match sur le banc, Roberto De Zerbi avançait sur un fil. La Commanderie avait été le théâtre d’échanges nocturnes houleux quelques jours plus tôt, et le public du Vélodrome, déjà échaudé, attendait des réponses immédiates. Dans ce contexte inflammable, la Coupe de France s’est imposée comme une bouée de sauvetage, d’autant plus précieuse que la compétition s’est ouverte avec l’élimination surprise du PSG au tour précédent.
Sur le terrain, De Zerbi n’a laissé aucune place à l’improvisation et a envoyé un message clair dès le coup d’envoi face au Stade Rennais. Mercato désormais refermé, l’Italien a aligné un onze résolument offensif et assumé. L’OM a démarré pied au plancher, avec un pressing étouffant immédiatement récompensé. Dès la 2e minute, une erreur de Quentin Merlin permettait à Weah de servir Gouiri pour l’ouverture du score. Un but libérateur, qui a calmé les tribunes autant que les têtes marseillaises. Le rythme est ensuite retombé, dans un match pauvre en occasions, marqué par un gros fait de jeu : le tacle très limite de Nwaneri sur Kamara, sanctionné d’un simple jaune en l’absence de VAR, provoquant la colère d’Habib Beye. Rennes n’a jamais réellement inquiété l’OM. Après la pause, Greenwood a rapidement doublé la mise sur une nouvelle largesse défensive, avant qu’Aubameyang ne scelle le score en fin de match (3-0). Une victoire nette, sans éclat excessif, mais indispensable pour respirer.
Confirmer la fin de la crise ?
Ce succès face à Rennes n’efface pas tout, mais il change radicalement la perspective à quelques jours du Clasico. Dimanche, le déplacement face au PSG s’annonce comme un test grandeur nature pour mesurer si l’incendie est concrètement maîtrisé ou simplement contenu. Une victoire en Coupe ne suffit pas à apaiser durablement un club comme l’OM, et De Zerbi le sait. «Je crois que le PSG est l’équipe la plus forte d’Europe, pas seulement parce qu’elle a gagné la Ligue des champions. Il faut jouer, aller sur le terrain avec la faim qu’on avait au Koweït et mettre plus de qualité que ce mardi soir. Il faut aussi l’ambition de gagner un match à Paris. Je suis content du match, de la victoire et de la réaction, de notre attention aussi car Rennes est une équipe très forte mais elle n’a jamais tiré au but. On va préparer le match de Paris, j’espère qu’on trouvera de la continuité et de la régularité». Le contexte, l’adversaire et la symbolique du Clasico donnent à ce match une dimension bien plus large que trois points. C’est face à Paris que l’OM devra prouver que les secousses récentes ont renforcé le groupe plutôt que de le fissurer. En filigrane, c’est aussi l’autorité du coach italien qui sera jugée, tout comme sa capacité à maintenir un cap, à imposer ses choix et à transformer une crise en levier. Le succès contre Rennes lui offre un répit, mais certainement pas un blanc-seing.
D’autant que le message envoyé mardi soir n’est pas seulement passé par le jeu, mais aussi par l’atmosphère autour du stade. Face aux Rennais, les banderoles ont fleuri dans les tribunes, rappelant que la fracture entre une partie du public et la direction reste bien réelle. Impossible de dissocier cette ambiance électrique de la confrontation nocturne survenue quelques jours plus tôt à la Commanderie, lorsque dirigeants, staff et joueurs ont tenté d’éteindre l’incendie à huis clos. «Le soulagement, tu l’as quand tu as bonne conscience. Les supporters ont dit des choses justes hier lors de la réunion, et ils étaient encore à nos côtés ce mardi soir. C’était la vérité sur leurs banderoles. C’est à nous d’apporter cette régularité. Les supporters sont plus intelligents et comprennent mieux le foot que ce que pensent les gens. Ils disent la vérité. S’ils sont déçus après notre défaite à Bruges, ils ont raison. On doit avoir honte de ce match. S’ils se plaignent d’un manque de régularité, ils ont raison. C’est normal qu’ils aient des attentes». En s’imposant sans trembler, De Zerbi a calmé la rue, soudé le vestiaire et replacé le terrain au centre du débat. Mais à Marseille, la paix ne dure jamais longtemps. Dimanche, au Parc, l’OM saura si cette victoire contre Rennes était un simple sursis… ou le véritable point de départ d’un brasier rallumé contre son rival historique.
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